Le jour d’après

Non, le premier parti du pays, n’est pas majoritaire. Non, il n’est pas non plus en train d’imposer un virage à droite à une nation entière. Pourquoi dois-je effectuer ces précisions ? Parce que notre chère presse, d’Etat ou indépendante (encore que…) prétend cela. Alors, pour mon premier ticket, je vais juste m’atteler à corriger cela, sans détour ou complication.

Premièrement, l’udc n’est pas majoritaire. Quand on a (que) 30% des voix et des sièges au parlement, ça laisse 70% de gens qui pensent autrement. Jusqu’à nouvel avis, 70 est plus important que 30, même si la ‘majorité’ est divisée en plusieurs blocs. En l’état, il est possible d’en identifié deux à peu près égaux représentant ainsi entre 30% et 40% des sièges. Pas de majorité absolue, le pouvoir reviendra ainsi à celui qui sait trouver des majorités grâce à des compromis ou à ceux qui décident de bloquer une réforme, union de la gauche et de la droite conservatrice de plus en plus courante.

Ensuite, non, Blocher et ses alliés ne peuvent forcer notre nation à basculer dans la droite dure. Le peuple a le dernier mot dans une démocratie directe. Et le peuple n’accepte que rarement des lois extrêmes. C’est pour cela que l’udc prend régulièrement des gifles devant le peuple. Presque autant que le ps. Et ils en prendront toujours autant, il ne fait aucun doute là-dessus.

Rien n’est donc perdu pour les modérés. Il faut expliquer, encore et encore, le pourquoi du comment. Quelles sont les avantages d’une politique libérale et humaniste, pourquoi l’Humain doit-il être placé au centre de la société ou encore la nécessité d’une politique sociale responsable et responsabilisante. Et ce malgré le parti pris d’une presse gauchisante qui ne donne de tribune qu’a ses poulains et aux partis dont les déclarations n’ont d’égale à leur stupidité que leur simplisme arrogant. Une loi est acceptée, on peut lire que l’un des partis extrêmistes à réussi à la faire passer. Elle est refusée ? On nous parle de ces partis du blocage qui ont fait capoter le projet. Mais le rôle du centre, force modérée et constructive de notre nation, est toujours négligé. Une loi n’est pas mauvaise parce qu’elle vient de tel ou tel parti. Elle l’est parce qu’elle est dogmatique et extrême. Une bonne loi est une loi qui contente une majorité du parlement. Elle est le fruit de longues négociations en coulisses qui donneront une loi modérée répondant aux besoins d’une plus large frange de la population.

Mais jamais cette position ne sera exposée dans un journal : trop molle, pas assez hargneuse, ce n’est pas assez vendeur. Non, il faut du sang dans nos journaux. Des victimes, des coupables. Alors que ce n’est pas des étrangers, c’est des patrons. Quand ce n’est pas des criminels, c’est notre société. Et s’il y a quelques larmes, tant mieux. Un cadavre, une vidéo ? Génial !

Alors non, je dis non. Je refuse de cautionner une politique et une presse suffisante. Le dictat du simplisme à des fins markéting ou politiques (c’est la même chose pour certains) n’a pas d’influence sur moi si ce n’est de vouloir encore plus m’y opposer.

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