Puisque je saigne, saignez les autres

Le peuple Suisse s’intéresse depuis longtemps à la politique. Même si les taux de participations sont régulièrement bas en comparaison de nos voisins, le pourcentage de gens ayant une idée de ce qui se passe sous la coupole fédérale est, en réalité, très important. Mais notre société s’est tellement accélérée et le rôle des médias est devenu si important que la communication politique a, elle aussi, évolué.

Alors qu’avant, les politiciens cherchaient des solutions à des problèmes concrets afin de soulager une majeur partie du peuple, la communication politique simpliste à imposé une nouvelle vision de la solidarité : “ma vie est dûre, mon pouvoir d’achat diminué, mes impôts toujours plus haut, mes primes maladies insupportables… alors pourquoi les autres ne pourraient-ils pas en baver aussi ?” Sachant, bien sûr, que les autres, c’est les riches pour la gauche et les profiteurs pour la droite dure! Et comme le message est simple (simpliste), facile à comprendre même pour un stupide mouton (noir ou blanc), il est porteur pour tout parti qui cherchera le bloquage populiste. Cessons d’être jaloux d’un chef d’entreprise qui gagne plus de Frs 150′000.- par année. S’il perçoit ce salaire, c’est très probablement qu’il a travaillé très dur pour y arriver. Il a certainement passer plusieurs années de sa vie travaillant soixante ou septantes heures par semaines. Idem pour notre voisin qui a droit à des subsides de formation pour ses 4 enfants qui fréquentent l’université. La loi lui donne le droit à ces aides, qu’il en profite. Et plutôt que de vouloir chercher à lui retirer cette chance, plutôt que de demander à taxer plus les grandes fortunes, demandons à ce que notre charge fiscale, à nous, soit diminuée. Car à force de tirer sur les plus fortunés, quitte à déborder un peu sur la classe moyenne, et de couler les plus démunis en emportant une autre partie de la classe moyenne, cette dernière se trouve prise entre deux feux que personne ne parvient à défendre. Et pas par manque de conviction ou de courage politique, non! Juste à cause de bloquages successifs provenant des deux extrêmes de l’hémicycle qui refusent tout compromis réaliste pour de pures questions de dôgme!

La Suisse est encore un pays dans lequel il fait bon vivre, malgré tout ce que prétendent les journaux en mal de tirage, et la lutte de classe n’a pas de raison d’être autre que celle de mobiliser des syndicats en manque de liquidités. Mais notre confort de vie n’est pas dû qu’à la beauté de notre paysage et la force du franc suisse. Non. Le fait qu’un ménage normal puisse vivre sans avoir à aller quémandé une aide de l’état rend nos concitoyens responsables et indépendant, n’en déplaise à la gauche. Cet état d’esprit incite chaque individu à comprendre la place qu’il occupe dans notre société. Chaque prestation qu’il demande à l’état coûte et il en est conscient. Voilà pourquoi nous payons des imôts, souvent à contre-coeur, mais en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une nécessité pour notre Etat. Voilà aussi la raison pour laquelle nous voulons un Etat fort, mais pas imposant.

0 Réponses vers “Puisque je saigne, saignez les autres”


  1. Pas de commentaire

Laisser un commentaire